Un grand merci aux E.A.T - Méditerranée pour leur accueil !
Nouvelle adhérente, je me réjouis de faire partie de cette association.
« SCROLLING ! Scandale, un anglicisme.
SCROLLING ! Défilement à l’infini…
Cacophonie des nouvelles du monde/je suis tombée dans mon téléphone ce matin, telle Alice dans son puits
Scrolling ! C’est le titre d’un spectacle que j’aurais aimé écrire,
Où s’entrechoqueraient les voix anonymes qui commentent certains faits d’informations.
Les pseudos ont beau être déjantés, les commentaires vous glacent, décomplexés par l’anonymat en ligne.
Insultes, xénophobie, incitation à la haine, stigmatisation des précaires, divisions, clivages, fortes poussées de réaction(s).
Comme une impression de « déjà-vu » qui devient chaque jour plus obscène.
Les chiens sont lâchés, les lâches avancent masqués.
…Paradoxalement, écrire en mon nom cet Edito m’angoisse légèrement…
Je scrolle, les fils d’actualités s’emmêlent, miroir, ô mon beau miroir d’algorithmes !
La guerre/une espèce de poisson qui se clone lui-même/la guerre/publicité pour un gîte en Ardèche/la guerre/les forêts tropicales seraient plus résilientes qu’on ne le pense/les guerres/dévastation.
J’enrage contre mes yeux rivés sur le téléphone qui contient (en théorie) le monde entier…
Tandis qu’en transparence, l’écran blanc d’un nouveau document ouvert, où clignote le curseur : cet édito du mois de Mai, joli, dont le 1er jour fait déjà polémique-sensation de régression.
Je dis parfois aux participant.e.s auprès de qui j’anime des ateliers d’écriture, « ça y est, vous avez vaincu le syndrome de la page blanche ! » quand iels ont écrit, un mot, une ligne, pour commencer.
Et mon téléphone, encore lui, m’apprend que ce syndrome se nomme la leucosélophobie.
Ecrire : noircir de colère ? Laisser en blanc pour passer au temps du silence quand tout vocifère autour ?
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ESPACE D’EXPRESSION LIBRE !
Ma colère, c’est celle de l’impuissance.
Alors j’écris. J’écris pour lutter contre le temps, pour me consoler, pour lâcher des chiens qui ne mordent que moi, que le lecteur ou la lectrice pourraient apprivoiser. Alors j’écris.
Je crois en la Beauté et encore, parfois, dans les humains.
En ce moment je commets une trame de déambulation pour le Prieuré de Cézas, non loin de Ganges, dans ce sud que j’ai choisi. Un endroit où s’exerce la démocratie associative, une poignée de personnes, une presque-famille.
D’autres associations, d’autres bandes, d’autres groupes, fabriquent tous les jours de petits morceaux d’espérance qui, mis bout-à-bout, forment et formeront un tapis rouge vif pour les pieds fatigués de lutter, d’arpenter, de manifester, d’être mal chaussés.
Un tapis d’espoir pour se rouler dedans, pour tracer jusqu’à l’horizon une perspective désirable, un chemin qui mène au soleil.
Dans les associations loi 1901, que sont aussi souvent les compagnies théâtrales, pas le temps de scroller. Îlots de volonté d’œuvrer ensemble, sur un rythme commun.
Un pouvoir partagé, des décisions horizontales,
On peut s’y tromper, être maladroit, s’engueuler, se retrouver, se faire la tête, mais on se parle, on essaie d’agir, comme on peut, où l’on peut.
Cela prend du temps. Cela nous grandit.
Nous : je parle des gens avec qui j’ai la chance de travailler, ou de ceux et celles que je vais pouvoir rencontrer, des compagnies qui affirment leur existence, leur esthétique, leur poétique-avec toute la fragilité et la précarité actuelle de notre secteur culturel.
Quand je ne scrolle pas, j’essaie de cultiver une forme d’élan vital, un naïf « devoir » de joie, dérisoire mais salutaire.
Une potentielle Biographie de Sarah FOURAGE par Bruno Paternot, auteur et poète complice de la compagnie rêves du 22 MARS.
…D’après nos informations, Sarah Fourage serait née entre une moissonneuse batteuse et un tableau de Poussin. Après des études d’imagination et d’observation du monde, elle commence à écrire des scènes de la vie pas si ordinaires que ça. Devenue écrivaine et écrivain en même temps, ses textes sont édités dans des recueils collectifs, et ça ne lui déplaît pas, le collectif.
Aujourd’hui elle élève des mots et un enfant du plus grand qu’elle peut…
Sarah Fourage, interprète et autrice, écrit pour le théâtre depuis une trentaine d’années. Marie-Sophie Ferdane a mis en scène ses premières pièces. Dans l’Hérault où elle vit, elle travaille sur commande auprès de différentes compagnies. Elle est complice des compagnies Machine Théâtre, Rêves du 22 mars, (direction artistique Bruno Paternot). Autrice associée de la compagnie Délit de Façade (direction artistique Agathe Arnal) durant 10 ans, elle collabore également artistiquement avec La Maison Théâtre (direction artistique Fanny Rudelle) les Fées Multiples (direction artistique Linda Dörfers) en dramaturgie, ou écriture. Cette saison 2026-2027 elle travaillera avec la Cie La Chouette Blanche (direction artistique Azyadé Bascunana) et Les Nuits Claires (direction artistique Aurélie Namur.) Elle intervient auprès de différents publics pour des ateliers théâtre/écriture.
Sa pièce « Affronter les Ombres » est publiée aux Editions L’espace d’un Instant, « Perdu Pas loin » en recueil collectif chez Agapante et cie, et « Sans la Langue » chez Color Gang, en recueil collectif également.
